Les diseurs de bonnes aventures (titre provisoire)

Une ballade dans les grâces de l’imaginaire prenant pour guide les cartes à la manière du Tarot ou des Oracles  

Création collective 
par Laetitia Brécy, Flore Égal et Sébastien Ehlinger 
Peintre créateur du jeu de cartes : Jean Diego

Arcane Valet

AVANT PROPOS

Tôt ou tard vous verrez que vous n’avez jamais eu le choix de quoi que ce soit dans votre vie.

Ce qui est arrivé n’aurait pas pu arriver autrement. Ce qui va arriver ne pourra jamais être autre chose. Et rien n’est une question de choix.
Il y a une sorte de conjoncture, de concours de circonstances qui fait que les choses, les personnes, les situations sont précisément ce qu’elles sont.
Si vous préférez les roses aux tulipes ou les livres de polar aux romans à l’eau de rose, c’est bien. Mais vous n’avez pas choisi ça. Ce sont vos goûts, on n’y peut rien. Il n’y a pas de raisons à ca. Il n’y a personne qui a choisi ça.
Est-ce le destin, le hasard, la volonté d’un Dieu quelconque, un grand horloger des montres ou que sais-je…

Les choses sont exactement comme elles sont, et c’est très bien.

Il pleut ! Qui pleut ? Il pleut, on se moque de savoir qui pleut.
Et qui est « il » ? Il pleut c’est comme ça.
C’est bien.

C’est mieux quand il ne pleut pas je suis d’accord ! Mais on n’y peut rien. Si vous êtes ambitieux, volontaire, carriériste, riche…. C’est bien. Vous n’y pouvez rien. Vous êtes plus sensible à une chose qu’à une autre mais vous n’avez pas choisi d’être attiré par ceci, plutôt que par cela. On est comme on est par éducation, par culture, par meute… ça n’a rien de personnel.

La vie nous a mener là. Là où nous sommes. C’est bien.

Ce n’est pas nous qui l’avons choisi.
C’est la vie. Il n’y a rien de personnel.
Car ce n’est pas nous qui vivons, c’est la vie qui est en nous.

Note d’intention

Le cœur du théâtre ; nous n’agissons pas, nous sommes agis, et c’est ce qui fait de nous des personnages, depuis la nuit des temps, d’Eschyle à Racine, de Shakespeare à Tchekhov.

Tirez donc une carte et vous trouverez en elle un signe, un miroir qui reflète votre vie par fragment, dans son passé, dans son futur, dans tout ce qu’elle a d’imaginaire et de symbolique, et cette carte vous chantera curieusement, impudemment des oracles

Au début de spectacle, les comédiens accueillent le public au bar ou dans la salle, à l’accueil selon les configurations, pour proposer aux spectateurs de tirer trois cartes, à la manière de la cartomancie. « Nous allons tout vous révéler dans quelques instants, sur votre vie et votre avenir ».

Chaque carte est associée à une figure, un caractère, un personnage, ou une vertu, contenue dans un mot ou une expression.
Chaque mot (et donc chaque carte) est associé à un texte

Après avoir effectué un tirage aux spectateurs, nous passons sur le plateau afin de révéler au public le spectacle de leur mystérieux tirage…

Comme au cabaret ou au cirque, les scènes s’enchaînent, tissées entre elle à la manière d’un jeu, ou d’un tirage où les cartes se répondent, se coupent, se contredisent ou se transforment, se complètent et s’éclairent… mêlant suspens, excitations, tricherie, raillerie, déception ou espoir.

Certaines scènes sont jouées à la manière du théâtre classique, d’autre sont dites comme un poème adressé au cœur des hommes, d’autres encore sont chantées, certaines pourront être présentées comme on présenterait la météo, ou chuchotées et chorégraphiées…

Scénographie
Trois acteurs
Peu de décor, beaucoup d’accessoires
Quelques instruments
de musique

Un spectacle portrait

L’ensemble des scènes dresse finalement un portait de l’humanité en général et de chaque spectateur en particulier, en fonction de son tirage…

Ce portrait se voudra flamboyant quoi qu’il arrive, plein d’ardeur.

Drôle et léger mais aussi vaste et profond.

Ce portrait essaiera de suggérer au spectateur de laisser un peu de côté le lourd, l’épais, le grossier, le matérialisme aliénant du périssable et du mortel, au profit du léger, du subtil, du volatil, de l’esprit.

Ce portrait cherchera à décoller le regard du joueur, donc du spectateur, de sa condition de personnage, de le placer ainsi sur le « théâtre » en son sens étymologique, c’est à dire le lieu d’où l’on voit, et à la faveur de cette rencontre magique que permet parfois un tel instant, d’alléger son âme de ce qu’on appelle « le réel » et dans lequel on se débat souvent aveuglement.

Ce portrait, par son caractère universel, tout comme les caractères que l’on croise chez Molière ou La bruyère, se voudra célébrer l’unicité humaine,

et présenter à chacun le miroir dans lequel se reflétera sa propre profondeur.

LE JEU DE CARTE

Créé par Jean Diego, peintre qui a toujours été inspiré par le symbolisme des cartes, et de manière plus général par le Jeu. Actuellement, sa technique consiste a rassembler des bouts de papiers découpés qu’il travaille à la gouache, pour dresser des portraits à plusieurs visages, et qu’il appelle « portraits merveilleux »

Le titre des cartes – Certains titres de cartes sont repris des arcanes traditionnelles du tarot ou des oracles répandus, d’autres sont inventés pour le jeu. Le chariot, le voyage du bateleur, l’étoile, la justice, le jugement, l’oisiveté, l’amoureux,
le Fou, la vie, la mort, va devant toi…

LES TEXTES

Tous n’ont pas encore subit l’épreuve du plateau, et les figures du jeu ne sont pas encore achevées, mais l’esprit est pioché la dedans :

La Chute de Camus / le plaidoyer de Dom Juan / l’éloge de la folie d’Erasme / détours dans le Gai Savoir de Nietzsche / l’oisiveté vantée par Russel / la famille vue par Ionesco / l’Amour actif défendu par un personnage de Tchekhov / Mon roi d’Henri Michaux / Arcane 17, d’André Breton / à l’Homme de Victor Hugo / Merveilles de Prévert / Idées de Kafka / Fulgurances de Céline…

Et aussi des articles de presse, des interviews, des poèmes, des fables, des aphorismes, des citations.

Planning de création

Hiver 2017/18 - Gestation
Printemps 2018 – Recherche de lieux de diffusion et soutiens divers, Gestation suite et résidences d’écriture et d’assaut du cerveau.
Été 2018 – Répétitions et création du jeu de carte
Automne 2018 – Répétition, Édition du jeu, et Naissance

Après Propos

Il pleut !
Qui pleut ? Il pleut, on se moque de savoir qui pleut.
Et qui est « il » ? Il pleut c’est comme ça. C’est bien.
Je ne sais pas pourquoi la pluie. Quitte là-haut ses oripeaux.
Que sont les lourds nuages gris. Pour se coucher sur nos coteaux.
Je ne sais pas pourquoi le vent. S’amuse dans les matins clairs.
A colporter les rires d’enfants. Carillons frêles de l’hiver. 
Je ne sais rien de tout cela.
Mais je sais 
que je t’aime encore.

Compagnie de théâtre à Marsolan