Partenaires / Presse

Tout est près. Les pires conditions matérielles sont excellentes.
Les bois sont blancs ou noirs. On ne dormira jamais
André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924

REMERCIEMENTS
Les compagnies et associations voisines, pour leur accueil et leurs conseils : « Dialoguer en Poésie » (Pierre Léoutre),  L’ADDA, Le 122 (Lectoure), Le théâtre du Pavé (Toulouse) / Art Vivant et le collectif Random (Lectoure) / Cie OBRA (Pauilhac) / Cie Théâtre d’un jour, Annie Descamps (Lectoure) / La Petite Pierre (Jegun) /A3L et la salle Louise Labé (Lectoure) /  Lectoure à Voix Haute / La pâte de lièvre (Mézin) / La cie C’était demain (Toulouse)…

P R E S S E

LE CLOU DANS LA PLANCHE / 10 nov. 2015, Par Damien Palancade « CAUCHEMAR RÊVÉ »
Si les Lettres à Lou d’Apollinaire – ensemble hétéroclite de lettres, poèmes, calligrammes… écrits par le poète à une maîtresse aviatrice et comtesse française –, ont maintes fois été portées à la scène, la compagnie A pied d’œuvre tire son épingle du jeu en proposant, pour sa première création, un spectacle plein de vie, de sensualité et d’enthousiasme.
Les trois jeunes comédiennes, également chanteuses et musiciennes ont une énergie, une envie de défendre le texte et une joie d’être là qui font plaisir à voir. Quelques accessoires seulement (un chapeau, des petits meubles, un ruban, une orange…) et des musiques très réussies signées Pierre Chadelle leur permettent des jeux de scène toujours cocasses, drôles, efficaces et jamais trop appuyés. En totale complicité avec le public, qui est ainsi placé dans une proximité idéale dans la petite salle du Pavé, elles servent avec jubilation la folie de l’acte poétique et le plaisir des mots qui habitent Gui en plein milieu des tranchées, alors que les obus sifflent à quelques pas, transformant le désastre en une fête permanente et merveilleuse. La séparation prochaine du couple, la propre mort du poète qui approche (grièvement blessé sur le front en 1916, Apollinaire succombera finalement de maladie en 1918) ne sont ici que suggérées. Loin de toute lecture « historicisée », élégiaque ou pontifiante, Louise Bouvet, Laetitia Brecy et Flore Egal, tour à tour Gui et Lou, homme et femme, poète et muse, mettent le doigt sur des secrets précieux et sensibles contenus par les Lettres : la joie enfantine dans le cœur d’un amant, la fantaisie et le merveilleux qui se nichent dans le moindre objet et les plus petites choses quand un cauchemar nous engloutit. L’omniprésence de la sensualité aussi, de l’érotisme et de références au toucher dans une infinité de détails du corps (les poils, la peau, le sexe de l’amante) apparaissent ici de manière finement ludique, donnant ainsi à chacun, à tout âge, des portes d’entrée dans l’œuvre de l’auteur d’Alcools et des Onze Mille Verges.
A pied d’œuvre semble un nom de compagnie idéalement choisi : le texte est ici servi avec honneurs, dans une forme cabaret intelligente qui évite avec bonheur toute facilité ou vulgarité. Les trois comédiennes, qui ont taillé ce premier né à leur mesure, avec honnêteté et en n’ayant pas les yeux plus gros que le ventre, donnent l’envie future de les suivre dans cette complicité, ce rapport aux mots et au théâtre qui se rapproche d’un appétit charnel et gouailleur

SUD OUEST / 10 avril 2015, par Laure Vallespir-Grézis

Un lieu propice à la création et l’expression

La commune a eu le plaisir de voir s’installer, sur l’ancien lieu d’élevage des escargots bio Marides, un lieu d’accueil pour les pèlerins de passage, un gîte pour les vacanciers et une belle grange en mode théâtre pour tout le monde.

Laëtitia Brécy, tout juste 32 ans cette année, comédienne et metteur en scène professionnelle de théâtre, a choisi le Gers et plus particulièrement cet emplacement en vue de Lectoure et sur le chemin de Saint-Jacques, pour y déposer ses projets, bagages et surtout ses idées déjà mises en chantier en un temps record.

Sitôt dans les murs, avec son oncle Pierre Brécy qui gère d’une main de maître l’occupation du terrain et la gestion de la ferme qu’ils ont installée et imaginée ensemble, elle a monté l’association À pied d’œuvre, nom qui unit la truelle et la scène, dans le but « de faire partager notre idée du théâtre, un art qui se cultive telle une fleur au soleil, dans un peu de terre, un art qui interroge et fédère, bouscule et apprend, qui éveille. »

Laëtitia et son oncle ont créé un véritable havre de paix, un lieu ouvert, habité, vivant, rempli d’animaux, qui invite à la rêverie, à la création et à l’expression. La grange, pilier du projet, est entièrement dédiée à la scène immense – six mètres par huit – et à un espace d’accueil du public, promettant de belles soirées culturelles et chaleureuses.

La compagnie ouvrira ses portes pendant les répétitions et spectacles et proposera des sessions de formation théâtrale pour toutes les générations, ainsi que des rencontres, des représentations et des lectures. Laëtitia souhaite ouvrir le lieu à d’autres associations, groupes, amateurs ou professionnels, le but étant qu’il vive sans cesse. Il est question d’un projet en lien avec les rêves des pèlerins, et aussi d’un festival théâtral reliant les lieux et compagnies locales, créant ainsi une synergie et une circulation du public sur les communes alentours.

Un premier stage de théâtre animé par Laëtitia est organisé pour les jeunes, du 20 au 25 avril, en vue de préparer un spectacle à partir de scènes du répertoire classique. Au menu, exercices, jeux collectifs, improvisations, travail sur le corps et la voix et une représentation publique le 25 avril, à 17 heures.

LA DÉPÊCHE – 10 mai 2015, par Ysabel de la Serve
Théâtre et philosophie

Dans le cadre du premier Festival Philosophique de Lectoure la Compagnie A pied d’œuvre propose deux moments de théâtre (Entrée libre).

À 16 heures, au café du Bastion, «Le Dialogue du chapon et de la Poularde», de Voltaire. Le dialogue met en scène une poularde et un chapon sur le point de se faire tuer pour être mangés. Les deux volailles se plaignent de leur sort cruel. D’un humour croquant et d’une ironie mordante, ce dialogue questionne l’injustice et l’hypocrisie de la société humaine.

Artemisia à 18 h 30 à la salle de la Comédie en collaboration avec la Cie «C’était demain» pour une représentation d’Artemisia.

En 1611, à Rome, dans un atelier du quartier des artistes, la jeune Artemisia se bat pour imposer son talent de peintre. A une époque où les femmes étaient mineures à vie, quand elles appartenaient à leur père, à leur mari, leurs frères ou leurs fils, Artemisia n’appartient qu’à son art. Le combat mené à la pointe de son pinceau est rude et de longue haleine. Il va lui permettre de se faire une place parmi les plus grands artistes du XVIIe siècle. C’est le parcours très riche d’une femme, d’un combat pour la liberté. De et avec Flore Egal et Justine T. Annezo, avec le soutien de Laetitia Brecy et Juliette Damiens.

LA DÉPÊCHE, 12 juin 2015

Laetitia brecy

 

La Dépêche, 12 décembre 2016

laïcité mon amourLaëtitia Brécy a écrit, avec Pierre Léoutre, la pièce
« Laïcité, mon amour », qui a été présentée par l’Amicale laïque vendredi 9 décembre, à Lectoure, devant une centaine de spectateurs.

Rencontre.
Comment abordez-vous la laïcité dans cette pièce ?
« Cette pièce est une comédie fantastique et philosophique sur le sens de la vie et l’art de vivre ensemble. Pendant le travail d’écriture, ce qui a retenu mon attention est la notion de liberté de
conscience. Si la laïcité garantit à chacun la liberté de conscience, il
est difficile de savoir comment être libre de sa conscience au delà de l’aspect religieux. Une jeune fille qui veut construire un monde meilleur fait un voyage initiatique à la rencontre de divers personnages issus de la philosophie, du théâtre, de la science ; ils vont la guider dans cette quête. Savoir ce qu’elle veut,
qui elle est, ce en quoi elle croit. Un discours intergénérationnel,
en dehors du temps et de l’espace, fait raisonner les réflexions
de cette jeune femme sur le monde ».

Quels sont les thèmes abordés ?
« Le grand thème est la tolérance. Abordé à travers la parole de Voltaire notamment, au fur et à mesure des questions que la pièce soulève : comment peuvent coexister les différents chemins vers la paix ? Pourquoi, quand le jazz est là, la java s’en va ? En quoi peut-on croire ? Quel est le rôle de Dieu ? Comment construire le bonheur ? Peut-on se fier aux apparences ? Comment aborder le salut et quelle réponse de l’univers ! Jusqu’où peuvent aller les différences d’interprétation ? »

S’agit-il bien d’une comédie ? « On a tendance à s’identifier à nos croyances, sans même savoir pourquoi on y souscrit. Il s’agit d’être libre de se connaître soi-même. Les idéaux des uns, qui ne
sont pas les idéaux des autres, ne se défendent pas en montant des armées pour la paix, mais en regardant chacun dans notre cœur.
Ce sujet, très profond, est traité de manière totalement naïve. Les acteurs incarnent des personnages hauts en couleurs, plein de vie et de fantaisie. La cruauté des hommes est parfois tellement absurde que l’on peut essayer de la sublimer par notre art, le théâtre, c’est ce à quoi travaille la compagnie ».


La soirée théâtrale organisée par l’Amicale laïque de Lectoure a été un franc succès./Photo DDM.

Compagnie de théâtre à Marsolan